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Energie, Gabegie, Ecologie, Bougie ?

On le sait, l’énergie est un des facteurs majeurs de la crise environnementale. S’il est légitime que les pays pauvres ou émergents (à faible empreinte écologique) puissent encore augmenter leur recours à l’énergie, les occidentaux hyper-développés peuvent et doivent cesser d’accaparer les ressources fossiles et faire rapidement leur conversion énergétique. Ils montreront ainsi qu’ils peuvent assurer leur bien-être sans gaspillage et dans le respect de la planète.

La France, malgré 75% d’électricité nucléaire (sans CO2 mais avec risques) n’est en rien exonérée de sa responsabilité. L’électricité n’est en effet qu’une part mineure de l’énergie totale consommée, et en brûlant du carburant pour les transports et les moteurs, du fuel domestique ou du gaz pour le chauffage et même un peu de charbon, nous continuons d’épuiser les réserves fossiles et d’accentuer l’effet de serre à l’origine du changement climatique. Pris dans les contraintes du quotidien, nous voyons mal comment sortir de cette impasse.

Le verrou est plus sociétal que technique En effet, l’analyse montre que le problème est moins une affaire de ressources et de systèmes qu’un problème politique, économique, social, et même culturel.

En effet, le Soleil fournit à la Terre d’ énormes quantités d’énergie (la consommation annuelle de l’humanité correspond à seulement quelques dizaines de minutes de soleil) que nous pouvons exploiter directement ou sous des formes dérivées (biomasse, hydraulique, vent) avec des techniques pour la plupart déjà bien au point et de rendement suffisant. Certes, leur gestion semble à priori moins simple que celle du pétrole, facile à extraire, à stocker, à transporter, mais il y a de grandes marges de progrès autant dans la gestion économe de l’énergie que dans les productions renouvelables. Ce qui est certain, c’est que cette mutation remet en cause des habitudes, des circuits économiques installés, et des idées reçues sur l’avenir technologique. C’est surtout là que sont les obstacles, comme le démontre la comparaison entre pays d’Europe sur les dix ou vingt dernières années. Des pays fédéraux, souples de gestion et responsables ont amorcé la reconversion par des mesures de soutien, le changement chez eux est maintenant perceptible et les exemples ont émergé. Mais dans la France colbertiste, l’influent lobbying d’EDF et d’AREVA a fourni les prétextes pour retarder l’indispensable évolution. Malgré tout, grâce aux efforts des plus motivés et au soutien de certaines collectivités locales ou d’administrations comme l’ADEME, les lignes ont bougé et les possibilités se développent. Maintenant familiers de ces questions, les média en parlent, malgré beaucoup d’approximations, de contradictions, ou de confusions, sans parler des mensonges délibérés issus de certains groupes d’intérêt.

Pour aider à y voir plus clair dans ce foisonnement, voici brièvement énumérés quelques éléments parmi les plus efficaces pour ceux qui souhaitent avancer personnellement dans la voie de la reconversion énergétique :

Logement et confort
-  Isoler ou améliorer l’isolation (toiture, fenêtres, murs), vivre autant que possible avec une température de confort modérée (grosses économies). Investir dans de bons vêtements et de bonnes couvertures.
-  Chauffer avec des sources renouvelables, bois ou solaire thermique :
-  Le bois est la première énergie renouvelable dans le monde, en Europe et en France (avant l’hydroélectricité). La forêt française qui s’agrandit du fait de la déprise agricole n’est exploitée qu’à 40% de sa capacité ; le bois est neutre en CO2 et les appareils ont fait de grands progrès en rendement et en confort.
-  Pour le solaire thermique, quatre à six mètres carrés de panneaux en Ile de France peuvent fournir de la moitié à deux tiers de l’eau chaude pour une famille. A l’occasion d’une opération plus lourde, on peut aussi assurer une partie du chauffage par le sol avec quelques mètres carrés supplémentaires de panneaux thermiques.
-  Se protéger de la surchauffe d’été par des stores, des pergolas, et une bonne gestion de la ventilation pour éviter la climatisation. Ce problème risque de prendre de l’importance avec l’évolution du climat.
-  Economiser l’électricité par une gestion attentive et par le choix d’appareils économes (frigos classe A, éclairage sobre, gros électroménager économe).
-  Les autres techniques domestiques d’énergies propres sont encore relativement chères (électricité photovoltaïque, vraie géothermie) ou trompeuses (pompes à chaleur, notamment air-air) . Le marché de l’électricité renouvelable a encore du mal à convaincre. On n’oubliera pas le potentiel important de l’éolien, fallacieusement dénigré par un lobby lié à EDF.
-  Des aides substantielles (crédit d’impôt, aides de la région, tarifs de rachat de l’électricité) incitent les particuliers à investir.

Transports
-  Restreindre autant que possible l’usage de la voiture en adoptant la marche, le vélo (éventuellement électrique) ou les transports en commun, selon les circonstances ; éventuellement organiser sa vie en fonction des possibilités de co-voiturage ou de télétravail.
-  En voiture, conduire avec modération, c’est moins cher et moins stressant. Lors du remplacement de la voiture, choisir un modèle léger et le plus propre possible, Mieux, renoncer à la voiture individuelle et choisir la location ou un système de voiture partagée.
-  Eviter autant que possible l’avion, surtout les vols courts plus voraces en carburant. Un aller retour Paris New-York épuise les « droits à polluer » annuels d’une personne. La compensation carbone n’est qu’un palliatif. Donc bien penser ses voyages, leur but et leur fréquence, et ne pas regarder la vitrine des voyagistes.

Mode de vie et consommation
-  Pour l’alimentation, acheter le plus possible à la saison, en circuit court, et plutôt biologique. Dans l’agroalimentaire, les transports et la chaîne du froid sont de gros consommateurs d’énergie. Il en est de même de l’agriculture intensive, notamment à cause des engrais chimiques.
-  Diminuer sa consommation de viande et préférer les volailles ou le porc au bœuf et au veau (la production de viande bovine est directement liée à l’agriculture intensive). Les laitages ou les œufs sont aussi des protéines animales. Boire l’eau du robinet, moins dépensière en transport et en emballage.
-  Réduire ses déchets par le tri et le compostage (la gestion des déchets est coûteuse et le bon fonctionnement des installations dépend fortement de la qualité des déchets traités)
-  Préférer les loisirs sobres en énergie, et notamment éviter les moteurs à essence. Dépenser son trop plein d’argent dans un voilier ou un windsurf plutôt que dans un « offshore » ou un jet-ski, aimer la montagne en été et à pied autant sinon plus qu’en hiver et en remonte-pentes. Être curieux de ce qui est beau près de chez soi et visiter le bout du monde en rêve.
-  Economiser la télévision, surtout pendant les programmes débiles ou les publicités.

S’informer et mieux comprendre
-  L’important est de bien hiérarchiser les enjeux. Une bonne vulgarisation peut aider ceux qui sont rebutés par trop de science ou de technique. Les chiffres, qui doivent provenir de bonnes sources, ne peuvent être jugés que si on leur donne du sens. C’est souvent le problème, lorsqu’on s’informe dans les média, car leur compétence est très fluctuante, et qu’ils ont souvent tendance à déformer pour simplifier. Quant à la publicité, elle récupère tout et son contraire et son mobile principal est l’intérêt.

-  L’écocitoyenneté à Bourg-la Reine Même si elle ne s’affiche pas et si son prosélytisme est plutôt discret, elle concerne un nombre croissant de réginaburgiens (les résultats du vote du 7 juin en sont un indice). Beaucoup d’entre nous ont choisi la commune pour sa proximité du RER, le parking vélo de la gare est plein. Des vélos électriques circulent et quelques voitures hybrides témoignent du souci de polluer moins. Les chantiers d’isolation sont courants, on voit sur quelques toits des installations de chauffe-eau solaires, et dans les rues des livreurs de bois.

Et surtout, la nuit depuis la rue, on remarque de plus en plus de foyers sans télévision, éclairés à la lampe à huile, ou mieux à la bougie, les habitants chaudement emmitouflés dans des couvertures en laine brute (humour !).

Au marché, les maraîchers producteurs ont leurs habitués et depuis ce printemps, un système de panier de légumes s’est institué avec l’un de ces producteurs. On ne peut que souhaiter que tous ceux qui se sentent concernés puissent se rencontrer pour partager points de vue et expériences. Si donc vous êtes intéressés par un réseau éco-citoyen sur notre commune, merci de nous le faire savoir...

Pour en savoir plus :
-  L’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) est une bonne source de renseignements.
-  Jean Marc Jancovici, expert en climat et énergie (et notablement pronucléaire, mais ne soyons pas sectaires) a mis au point l’indicateur de l’empreinte carbone. Il a un site internet (www.manicore.com ) très bien documenté et très pédagogique. Il est l’auteur de plusieurs livres très accessibles.
-  Hermann Scheer, L’autonomie énergétique (Actes Sud). L’auteur est à l’origine des lois qui ont favorisé l’essor des énergies renouvelables en Allemagne.
-  La revue Systèmes Solaires entretient la veille technologique sur toutes les énergies renouvelables (energies-renouvelbles.org et eurobserv-er.org ).
-  La Revue Durable d’origine suisse mais assez orientée vers la France, militante et sérieuse (www.larevuedurable.com).

Antoine Li

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